Roland Gori et Marie-José Del Volgo

La Santé Totalitaire

Essai sur la médicalisation de l’existence -

Mardi 15 mars 2005, par Marie-José DEL VOLGO, Roland Gori // Informations reçues par le SIUEERPP

L’ESPACE ANALYTIQUE

Collection fondée par Maud Mannoni dirigée par Alain Vanier

Editeur : DENOËL

Sortie en librairie : le 13 janvier 2005 La santé totalitaire Essai sur la médicalisation de l’existence

Comment peut-on être malade aujourd’hui dans une médecine qui transforme le patient en consommateur, sans souci authentique pour sa souffrance psychique ? L’oubli du malade dans la médecine contemporaine semble être le prix à payer pour des soins toujours plus rationnels et scientifiques. L’exploration du corps humain, le diagnostic précoce des maladies, l’acharnement à les combattre par des traitements douloureux et invasifs, exproprient « pour son bien » le patient de son corps. À travers des protocoles de diagnostic et de soins très standardisés, à travers le contrôle social de nos existences par une surveillance médicale accrue au nom de la santé publique, nos modes de vie se retrouvent toujours plus normalisés. Comment alors restituer au patient sa valeur de sujet et ses droits pour éviter de le transformer en marchandise au profit des industries de santé ? Comment concilier les exigences de la médecine scientifique et sa nécessaire vocation « thérapeutique », c’est-à-dire humaniste ? À partir de son expérience du soin psychique, le psychanalyste a plus que jamais le devoir éthique et politique de mettre en garde contre les dérives de cette médicalisation généralisée et la « passion de l’ordre » qu’elle semble recouvrir.

P.-S.

Roland Gori est professeur de psychopathologie à (’Université d’Aix-Marseille-I et psychanalyste, membre d’Espace analytique. Il a notamment publié La Preuve par la parole. Sur la causalité en psychanalyse (1996), La Science au risque de la psychanalyse (avec Christian Hoffmann, 1999) et Logique des passions (2002). Marie-José Del Volgo est maître de conférences à la faculté de médecine de l’Université d’Aix-Marseille-II, directeur de recherche en psychopathologie à l’Université d’Aix-Marseille-1 et praticien hospitalier à l’Assistance publique de Marseille. Elle a publié L’Instant de dire. Le mythe individuel du malade dans la médecine moderne (1997) et La Douleur du malade. Clinique, psychanalyse et médecine (2003).

1 Message

  • > La Santé Totalitaire 23 mars 2006 12:22, par Natalia Tauzia

    " Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore (...). Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une "paix" non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de micro-fascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

    Gilles Deleuze, 1977.

    Merci pour votre ouvrage, pour l’anti livre noir, pour le SIUERPP. Je travaille en tant que psychologue en psychiatrie. La vague TCC neuroscientiste néo-fasciste est un ras-de-marée. La psychiatrie n’existe plus en tant qu’instance de soin pour la psychée. On est en santé mentale, c’est un vieux nom, qui a des relents inquiétants. Je suis avec grand intérêt les parutions de Roland Gori, E. Roudinesco, JAM, entre autres. J’ai moi-même publié dans Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe, autour de mon thème de prédilection, les personnes âgées dites démentes, aujourd’hui labellisées "Alzheimer" au nom du juteux marché que cette maladie ouvre pour les lobby pharmaceutiques qui en sont à acheter des équipes de recherche universitaires américaines dans la folle course au vaccin-miracle, et qui après avoir annoncé de manière tonitruante que ça y est, on a le vaccin anti-Alzheimer, il marche sur les souris, ont tué, oui, tué un des cobayes humains - un étudiant - qui participait à l’expérimentation. D’autres étaient dans le coma. Les médias n’ont quasiment rien dit de ce scandale. Mon modeste combat à moi ( et à d’autres comme mon ami André Chevance, Marion Péruchon, Louis Ploton, Michel Personne, Michèle Grosclaude et bien d’autres ), c’est de réhabiliter le sujet âgé, sa vie psychique, la complexité plurifactorielle, en lien inextricable avec l’angoisse de mort et la dépression de cette maladie. Les personnes âgées sont avec les autistes les premières victimes, silencieuses car sans moyens de défense d’une attaque gigantesque, fortement soutenue par les médias, de ce que je n’hésite plus à qualifier de néo-fascisme, au sens Deleuzien, en marche depuis les Etats-Unis et le Québec. Demain les enfants dès le bac à sable ( Sarkozy n’attend que ça ), c’est déjà le cas avec les écoles de moins en moins tolérantes avec les "troubles du comportement" des enfants. La personne âgée étiquetée Alzheimer est frapée du sceau d’infamie comme le lépreux autrefois. Eloignez cette vieillesse et cette odeur de mort que notre société jeuniste et compétitive ne supporte pas. Ils ne sont pas vieux, voyez-vous, ils sont atteints d’une maladie que bientôt nos chers labos sauront guérir. Ils ne pensent plus, voyez-vous, leur cerveau est en compote. Tous leurs comportements sont codifiés grâce à nos grilles qui évaluent le stade d’avancée de la maladie. C’est irréversible, que voulez-vous leur apporter ? Pour ces victimes muettes, j’aimerai lancer un pavé dans la mare, mais seule je n’y arriverai pas. J’aimerai réaliser un projet de co-écriture d’un article qui aborderai ce problème, pour contrebalancer le poids médiatique du discours officiel sur l’Alzheimer. Et qui pourrait ouvrir sur le véritable lavage de cerveau du rapport qui préconise le dépistage précoce des troubles chez les enfants. Je peux l’écrire seule, ça n’aura aucun poids, aucune valeur, d’où mon appel, vers vous notamment. Qu’en pensez-vous ?

    Natalia Tauzia